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SMIG au Bénin : Entre appel à la dénonciation et déconnexion gouvernementale, la réalité du terrain rattrape l’exécutif

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Face au non-respect persistant du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), fixé à 52 000 FCFA depuis janvier 2023, le gouvernement béninois a haussé le ton. Lors de sa sortie du jeudi 23 juillet 2026, le porte-parole de l'exécutif, Wilfried Léandre Houngbédji, a invité les salariés du secteur privé à saisir la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour dénoncer les employeurs indélicats qui continuent de verser des salaires en deçà du seuil légal, tout en écartant pour l'instant toute revalorisation immédiate du montant.Mais cet appel à la dénonciation formulé par le porte-parole du gouvernement traduit une méconnaissance abyssale des dures réalités de l'emploi dans le pays. Le ministre sait-il réellement comment fonctionnent les secteurs de la précarité ? Combien de serveuses dans les bars et restaurants, d'aides-ménagères, d'agents de sécurité ou d'employés du nettoyage privé sont véritablement déclarés à la CNSS ? Pour espérer dénoncer un employeur, un travailleur doit d'abord disposer de preuves tangibles, or combien de ces précaires reçoivent seulement une fiche de paie en fin de mois ?Au lieu de se livrer à des sorties médiatiques déconnectées pour tenter de justifier son rôle de porte-parole, l'exécutif ferait mieux d'arrêter de divertir le peuple avec des injonctions irréalistes. Il est grand temps que le gouvernement oriente plutôt ses efforts vers une information claire des jeunes sur les réelles opportunités d'emploi et sur les dispositifs d'accompagnement concrets prévus pour soutenir les entrepreneurs et les employeurs face à la cherté de la vie.

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