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Entre promesses d’apaisement et fermeté budgétaire : quel double jeu joue Cyril Ramaphosa face à la xénophobie ?

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Alors que le président sud-africain monte au créneau pour condamner les violences anti-étrangers et tenter de rassurer le continent, la politique migratoire de Pretoria soulève de lourdes contradictions, amplifiées par de récentes factures de rapatriement salées adressées aux pays voisins.

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Face à une pression continentale devenue intenable et à des accusations récurrentes d'inaction, le président Cyril Ramaphosa est monté au créneau au Parlement pour affirmer avec force qu'il n'y a pas de place pour la xénophobie en Afrique du Sud. En annonçant des arrestations imminentes et en dépêchant son envoyé spécial Ronald Lamola à travers l'Afrique de l'Ouest et australe, le chef de l'État cherche désespérément à éteindre l'incendie diplomatique. Cette offensive de charme institutionnelle, bien que saluée par certains, se heurte néanmoins à un scepticisme grandissant, notamment après les faux pas de la tournée de Lamola – marqué par un refus notable de réception au Nigeria – qui trahissent l'agacement persistant des nations partenaires face aux récurrentes chasses aux sorcières dont leurs ressortissants sont victimes. Cette volonté affichée d'ouverture et de dialogue panafricain contraste singulièrement avec la ligne dure récemment imposée par l'exécutif sud-africain en matière de gestion des flux migratoires. Quelques jours avant cette sortie présidentielle, le gouvernement a en effet jeté de l'huile sur le feu en étalant au grand jour des factures astronomiques liées aux expulsions et en réclamant le remboursement des frais de rapatriement aux pays d'origine. Cette exigence bureaucratique et punitive, couplée à des descentes policières musclées sur le terrain, renforce l'impression d'une double peine pour les migrants et d'une hypocrisie politique savamment entretenue par Pretoria. Dès lors, la véritable nature de la stratégie de Cyril Ramaphosa interroge l'opinion publique autant que les observateurs internationaux : joue-t-il la carte de l'apaisement ou cède-t-il en sous-main aux dérives populistes pour calmer une frange nationaliste de son electorat ? En voulant simultanément se poser en héraut d'une diplomatie continentale apaisée et en gendarme intransigeant de frontières fermées, le dirigeant sud-africain s'enlise dans une ambigüité toxique. Si l'appel à un sommet extraordinaire de l'Union africaine témoigne d'une prise de conscience du problème, les actes concrets manquent cruellement de cohérence, laissant planer le doute sur la capacité réelle de Pretoria à purger ses institutions et sa société de ce poison xénophobe

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