L’accession au pouvoir du duo Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, largement plébiscité lors de la présidentielle d'avril 2026, place l’Assemblée nationale sous le feu des critiques quant à sa capacité réelle à exercer un contre-pouvoir. Joseph Djogbénou, actuel président du Parlement et figure de proue de l'Union Progressiste le Renouveau (UPR), n'a pas ménagé ses efforts durant la campagne pour assurer la victoire du dauphin désigné, promettant un accompagnement sans faille à l'exécutif entrant. Cette proximité affichée entre la tête de la législature et le nouveau palais de la Marina soulève des doutes légitimes sur l'efficacité du contrôle parlementaire, pilier central de toute démocratie, alors que les institutions semblent s'aligner derrière une vision politique unique.Cette configuration institutionnelle fait craindre une dérive vers un régime autocratique où le débat contradictoire s'efface au profit d'un consensus de façade. Avec une Assemblée nationale quasi exclusivement composée de députés de la mouvance présidentielle, les mécanismes de pression, qu’ils viennent de l’opposition ou des institutions de régulation, paraissent singulièrement affaiblis. L’absence d’une voix discordante forte au sein de l’hémicycle risque de transformer le travail législatif en une simple chambre d'enregistrement des décisions gouvernementales, laissant le champ libre à une gouvernance sans entraves et privant les citoyens des garanties nécessaires contre l'arbitraire du pouvoir.
Le Bénin face au spectre de l’unanimisme : L’indépendance du Parlement en question


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