Le Bénin s'apprête à vivre une élection présidentielle aux enjeux limités, un fait inhabituel pour un pays autrefois loué pour son vibrant pluralisme démocratique. Suite à l'exclusion des principaux partis d'opposition, notamment Les Démocrates, la course électorale se résume à une confrontation singulière, que d'aucuns décrivent déjà comme le combat inégal entre un éléphant et une souris.
Un duel déséquilibré et l'absence d'enjeu
L'affiche de ce scrutin oppose le duo de la mouvance présidentielle – souvent identifié aux noms de Wadagni et Talata – au ticket présenté par l'opposition résiduelle, notamment la paire Hounkpe - Hounwanou. Le contraste est saisissant et prédestine l'issue.
Le binôme de la majorité bénéficie du soutien d'une coalition imposante de cinq partis de la mouvance, solidement implantés et dotés de moyens considérables. Face à cette machine électorale, le duo de l'opposition ne peut compter que sur un seul parti pour porter sa candidature. Un rapport de force qui confine à l'écrasement et enlève tout suspense à l'élection. Le constat est implacable : l'élection présidentielle est en réalité un plébiscite déguisé, où le champ de bataille, déjà réduit, est totalement dominé par la force et l'organisation de la mouvance au pouvoir. L'application des récentes réformes électorales a conduit à une exclusion notable des figures et formations majeures de l'opposition de la course. Ce mécanisme a pour conséquence immédiate de réduire drastiquement le nombre de candidats validés.
Pour la première fois dans l'histoire récente du Bénin, l'élection se tiendra avec seulement deux partis politiques en lice. Cette configuration, bien que peu démocratique, garantit un scrutin à un seul tour.
- Avantage pour l'État : Ce schéma électoral réduit inévitablement le coût des dépenses liées à l'organisation du scrutin, en évitant l'investissement financier d'un second tour.
- Perte pour la Démocratie : Il réduit surtout le champ de bataille et le choix offert aux citoyens, sapant ainsi le principe de la compétition pluraliste, pierre angulaire de la démocratie. L'absence de véritable rivalité affaiblit la légitimité du processus et la représentativité du mandat.
Si la prochaine présidentielle béninoise est promise à une grande efficacité organisationnelle et une économie budgétaire pour l'État, elle interroge sur la santé démocratique du pays. La balance entre la stabilité politique et le pluralisme semble définitivement pencher d'un côté, transformant ce grand rendez-vous électoral en une simple formalité.





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