Ce dimanche 24 mai 2026 marque enfin le terme d'une décennie de plomb, un calvaire de dix ans durant lequel Patrice Talon aura méthodiquement érigé la misère sociale en dogme de gouvernance au Bénin. Derrière le vernis craquelé d'une prétendue « rupture », le bilan de sa gestion laisse un pays exsangue, traumatisé par des vagues de licenciements abusifs massifs et une précarisation institutionnalisée du citoyen lambda. Non content d'avoir étouffé l'économie populaire, le régime sortant s'est illustré par une dérive autoritaire implacable, marquée par des emprisonnements fantaisistes et politiques visant à faire taire toute voix discordante. Ce n'est certainement pas son simulacre tardif de mea-culpa, exercice d'hypocrisie pure et cynique, qui parviendra à effacer de la mémoire collective ce long cauchemar national, ni à laver les mains d'un pouvoir qui a sacrifié l'humain sur l'autel d'intérêts claniques.Conscient du passif toxique qu'il laisse derrière lui, Patrice Talon s'offre aujourd'hui une sortie sous des lauriers roses de façade en passant le témoin à son poulain et fidèle argentier, Romuald Wadagni. Cette passation de pouvoir s'apparente en réalité à une ultime manœuvre de survie politique, l'installation d'un homme de main érigé en véritable parapluie juridique et sécuritaire pour le protéger des vagues de représailles et de reddition de comptes qui l'attendent légitimement. Face à ce dauphin formaté par le système sortant, le peuple béninois, réduit à genoux, n'attend plus de grands miracles macroéconomiques mais implore désespérément des mesures d'urgence pour sa propre survie. Toute l'énigme de cette transition résidera dans la capacité , ou la volonté réelle de Romuald Wadagni à s'affranchir de la tutelle de son mentor pour appliquer un pansement efficace et une thérapie de soulagement sur les plaies encore béantes d'une nation meurtrie.
Crépuscule d’un tyran politique: Patrice Talon passe la main à Wadagni sous l’ombre du remords feint


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