Le ciel malien se vide un peu plus. Dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes et d'une situation sécuritaire qui se détériore, la compagnie nationale française a acté la fermeture définitive de sa représentation locale à Bamako. Ce retrait marque une nouvelle étape dans le délitement des liens économiques et logistiques entre la France et le Mali.Une desserte aérienne en état de siègeLa décision du groupe aérien survient alors que les options de voyage vers la capitale malienne fondent comme neige au soleil. Le secteur aérien est sous pression directe : la compagnie Corsair, qui était l'ultime transporteur tricolore à desservir le pays, a dû mettre ses opérations en pause dès la fin du mois de mai. En cause, la recrudescence d'attaques terroristes revendiquées par le JNIM, qui ont frappé le cœur même de Bamako, forçant les compagnies à privilégier la sécurité de leurs équipages et passagers.Parallèlement, l'asphyxie ne se limite pas aux airs. Depuis fin avril, un blocus terrestre imposé par des groupes armés autour de la capitale a paralysé une grande partie du transport routier, isolant davantage la zone. Aujourd'hui, seules quelques rares alternatives subsistent pour quitter ou rejoindre Bamako, à l'instar de Turkish Airlines ou de certains opérateurs régionaux.Un divorce consomméCe désengagement d'Air France n'est pas un événement isolé ; il s'inscrit dans un mouvement de fond entamé il y a plusieurs années. Depuis les changements de régime survenus à Bamako en 2020 et 2021, le climat des affaires s'est radicalement dégradé pour les entreprises françaises. Les autorités de transition, ayant acté la fin de la coopération militaire avec Paris et dénoncé divers traités bilatéraux, ont rendu la poursuite des activités économiques extrêmement complexe.Pour la France, qui conseillait déjà à ses citoyens en avril dernier de privilégier les voies de sortie commerciales, la fermeture de ces bureaux signe une rupture de plus. Ce scénario n'est toutefois pas une première : il rappelle les suspensions de lignes observées au Niger et au Burkina Faso, où le drapeau tricolore aérien est absent depuis l'été 2023. Le Mali s'ajoute ainsi à la liste des pays du Sahel où les infrastructures de transport françaises n'ont plus leur place, illustrant une rupture profonde et durable entre les deux capitales.
Mali : Air France tourne la page sur fond d’instabilité sécuritaire


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