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Injustice sociale : Quand Romuald Wadagni peine à retrouver ses marques

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Le paysage politique béninois est le théâtre d’un paradoxe saisissant, une fracture qui s’élargit chaque jour davantage sous nos yeux. Alors que la rigueur budgétaire est imposée avec une brutalité rare aux couches les plus vulnérables de l'administration, le sommet de l’État semble évoluer dans une bulle d'opulence déconnectée des réalités sociales.

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169 emplois sacrifiés

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D’un côté, la pilule est amère pour les 169 employés de la Société de Radio et de Télévision du Bénin (SRTB), dont le licenciement vient alourdir le poids du chômage dans un climat économique déjà morose. Parallèlement, on assiste au départ forcé vers la retraite d'agents de la Police Républicaine ayant pourtant cumulé deux décennies de loyaux services. Pour ces citoyens, la rage érigé en mode de gestion a le goût amer de l’exclusion et de la précarité.Le partage du gâteau..À l’opposé de cette cure d'amaigrissement imposée au bas de l’échelle, le pouvoir déploie des moyens colossaux pour renforcer sa propre architecture. La création du Sénat , une institution dont l’utilité interroge une grande partie de l’opinion publique s’accompagne d’une mise de fonds initiale vertigineuse : une centaine de millions de francs CFA. À cela s'ajoute la nomination pléthorique de "ministres-conseillers", un strapontin doré qui ressemble fort à une prime à la fidélité politique plutôt qu'à un impératif de gestion publique.

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Wadagni : le miroir d'une continuité controversée

Au cœur de cette architecture, beaucoup attendaient de Romuald Wadagni, figure de proue de l'orthodoxie financière, qu'il insuffle une éthique de justice sociale et de rationalisation des dépenses publiques. L’espoir était grand de le voir briser le cycle des privilèges acquis.Pourtant, le constat est tout autre. En entérinant ces mesures, le ministre semble avoir fait un choix clair : celui de la pérennisation d'un système où l'injustice sociale est devenue structurelle. Loin de s'ériger en rempart contre les dérives, Romuald Wadagni choisit d’emboîter le pas à son mentor, le Président Patrice Talon. La reconduction quasi systématique des mêmes visages, aux mêmes postes clés depuis une décennie, finit de dessiner le portrait d’un pays partagé comme un gâteau, réservé à un groupuscule fermé.

Une méchanceté gratuite ou une stratégie délibérée ?

Pour les observateurs et les citoyens qui voient leur quotidien sacrifié sur l'autel de cette "gouvernance sélective", le sentiment est celui d'une profonde injustice. Le Bénin ne semble plus être le patrimoine commun de ses enfants, mais le terrain de jeu d'une élite qui alterne entre austérité pour les humbles et complaisance pour les siens.Si le développement économique est une quête légitime, il ne peut se bâtir sur le terreau de la rancœur sociale. À force d'ignorer la souffrance de ceux qui sont licenciés ou mis à la retraite de force, tout en finançant des institutions à la légitimité contestée, le gouvernement risque de creuser un fossé que aucune réforme financière, aussi pointue soit-elle, ne pourra combler. Dans ce contexte de profonde désillusion, comment le gouvernement espère-t-il maintenir la paix sociale et la confiance des citoyens envers leurs institutions ?

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