Le dénouement du procès opposant le commissaire Bignon Delcoz Kindjanhoundé à la justice béninoise approche. Au terme d’une audience décisive tenue ce lundi 15 juin 2026, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a mis le dossier en délibéré, promettant un verdict pour le mois prochain.L’épilogue judiciaire de cette affaire sensible interviendra le 13 juillet. Après plusieurs mois d’échanges juridiques, les magistrats de la CRIET ont choisi de clore les débats, renvoyant la sentence à cette date charnière. Ce procès, qui place au cœur de l’actualité les tensions entre les impératifs de la sécurité nationale et la liberté de parole des agents de l’État, suscite une attention particulière au Bénin.Une reconnaissance des faits assuméePour rappel, l’ancien chef de la police d’Abomey-Calavi doit répondre d’accusations lourdes : harcèlement numérique, appels à la révolte, incitation à la haine et détention illégale d’arme. Ces poursuites découlent de la mise en ligne d’une vidéo où l’officier apportait son soutien aux putschistes impliqués dans le coup d’État avorté de décembre 2025 contre le régime du président Patrice Talon.Depuis le début des audiences, l’accusé n’a jamais cherché à nier les faits. Il a pleinement admis avoir réalisé et diffusé lui-même la séquence incriminée, préférant axer sa stratégie de défense sur ses ressorts psychologiques et personnels.Entre devoir de réserve et traumatisme de terrainLors d’une comparution en avril dernier, alors qu’il se présentait sans assistance juridique, l’officier avait justifié son geste par un écrit exposant quatre mobiles précis. Il y évoquait notamment les séquelles psychologiques liées aux missions périlleuses menées au nord du pays, dans un contexte marqué par la menace terroriste.Interrogé sur le choix de s’exprimer en portant son uniforme, symbole de son appartenance à l’institution policière, l’intéressé a défendu une vision nuancée. Il a soutenu qu’il agissait en tant que citoyen, arguant qu’il était concevable, selon son interprétation, de scinder son statut d’agent public de l’expression de ses convictions intimes.Alors que l’audience de ce lundi devait initialement être consacrée aux réquisitions du procureur, la Cour a pris tout le monde de court en décidant de passer directement à la phase du délibéré. Le 13 juillet prochain, la justice tranchera définitivement sur cette affaire qui met en lumière la complexité de l'exercice du devoir de réserve au sein des forces de sécurité.
Crier: le commissaireKindjanhoundé fixé sur son sort le 13 juillet prochain


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