La tentative de mutinerie du 7 décembre au Bénin continue de susciter des interrogations, non seulement sur la gravité des événements, mais surtout sur la gestion de la crise par les autorités béninoises.
Alors que la présidence nigériane a confirmé avoir répondu à deux requêtes officielles du gouvernement béninois, déployant avions de combat et troupes au sol pour repousser les putschistes, le gouvernement béninois, lui, est resté silencieux sur cette intervention étrangère. Aucune communication officielle n’a été faite pour expliquer aux citoyens pourquoi et comment l’armée nigériane s’est retrouvée engagée sur le sol béninois.
Ce mutisme contraste avec la promptitude du Nigeria, qui pour la première fois a répondu à l’appel de son voisin en intervenant directement pour « sauvegarder l’ordre constitutionnel ». Le président Bola Tinubu a revendiqué cette action, soulignant la solidarité régionale face aux menaces contre la démocratie.Mais ce recours au Nigeria soulève une question cruciale : pourquoi le gouvernement béninois sollicite-t-il son puissant voisin pour contrer une mutinerie, mais ne fait pas de même face aux attaques récurrentes des groupes djihadistes dans le nord du pays ? Ces derniers continuent de tuer des soldats et d’enlever des citoyens, sans que l’on observe une coopération militaire d’une telle ampleur pour les repousser.
Ce décalage met en exergue une politique sécuritaire jugée sélective, où la défense de l’ordre constitutionnel semble primer sur la protection des populations directement exposées aux violences terroristes. L’absence de communication officielle sur l’intervention nigériane alimente par ailleurs un sentiment d’opacité, alors même que la transparence et la pédagogie sont essentielles pour maintenir la confiance des citoyens dans leurs institutions.
on retiendra que si l’armée nigériane a joué un rôle décisif dans l’échec du coup d’État, l’attitude du gouvernement béninois laisse planer des zones d’ombre. Entre silence officiel et priorités sécuritaires discutables, l’épisode du 7 décembre ouvre un débat sur la cohérence de la stratégie nationale face aux menaces multiples qui pèsent sur le pays.





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