La scène politique béninoise assiste, médusée, à la métamorphose éclair d'Éric Houndété. L’ancien vice-président du parti Les Démocrates, qui portait jadis la voix de la contestation avec une vigueur remarquée, semble avoir définitivement troqué son habit de critique contre celui de chantre du régime. Présent au siège de campagne du duo Wadagni-Talata lors de la nuit électorale du 12 avril 2026, il a affiché un enthousiasme débordant, allant jusqu'à vanter des taux de participation quasi irréels de 95 % dans certaines localités. Cette transformation en véritable « griot » de la mouvance surprend autant ses anciens compagnons de lutte que les observateurs, marquant une rupture totale avec la ligne de rigueur et de vigilance qu'il incarnait encore récemment au sommet de l'opposition.Ce revirement spectaculaire, illustré par sa confiance aveugle avant même les chiffres officiels de la CENA, soulève d'inévitables interrogations sur ses motivations réelles. Pour beaucoup, ce zèle nouveau n'est pas le fruit d'une conviction politique soudaine, mais l'expression d'un opportunisme visant à sécuriser sa place au sein du nouveau dispositif de pouvoir. En se faisant l'écho des chiffres les plus flatteurs pour le régime, Éric Houndété semble pressé de prouver sa loyauté absolue pour s'assurer de « prendre sa part du gâteau » dans l'après-scrutin. Cette quête manifeste de privilèges personnels, au prix d'une pirouette idéologique déconcertante, fragilise la crédibilité du débat démocratique et renforce l'image d'une classe politique guidée par la seule boussole des intérêts individuels.
De l’Opposition aux louanges : Le Virage Radical d’Éric Houndété


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