Au lendemain du scrutin présidentiel du 12 avril 2026, le climat social au Bénin s’est brusquement tendu, marqué par une confrontation acerbe entre la société civile et le pouvoir en place. Alors que les observateurs indépendants et les organisations citoyennes multipliaient les alertes sur des cas flagrants de bourrages d’urnes, les soutiens de la mouvance présidentielle ont vigoureusement fustigé ces rapports, accusant les détracteurs de mauvaise foi et de tentative de déstabilisation. Dans cette atmosphère de suspicion généralisée, les thuriféraires du régime ont défendu avec véhémence l’intégrité du vote, reléguant les critiques au rang de simples manœuvres politiques. Pourtant, la réalité des chiffres a fini par s'imposer face aux certitudes partisanes, rappelant que l’engagement militant, s'il est légitime, ne doit jamais occulter la rigueur des faits ni l'exigence de transparence démocratique.Le verdict de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) est finalement tombé comme un désaveu pour ceux qui niaient l'évidence, confirmant la pertinence des alertes lancées par la société civile. En procédant à une vérification minutieuse des procès-verbaux, l'instance en charge des élections a officiellement invalidé un total de 34 596 voix, principalement en raison de bourrages d’urnes avérés et de divers manquements graves au code électoral. Cette décision historique de la Cour constitutionnelle, s'appuyant sur les données techniques de la CENA, vient purger les résultats de leurs scories frauduleuses et rétablir une forme de justice électorale. Ce dénouement souligne l'importance cruciale des contre-pouvoirs citoyens qui, malgré les pressions, ont permis d'éviter que ces irrégularités ne soient définitivement entérinées sous le poids du silence ou de la complaisance politique.
BÉNIN : LA VÉRITÉ DES URNES RATTRAPE LES ARDEURS POLITIQUES



Commentaires (0)