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Accusé d’avoir adressé des félicitations à Pascal Tigri au cœur de la tentative de putsch du 7 décembre 2025, un lieutenant-colonel de l’armée béninoise a comparu ce lundi devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Entre méprise et suspicion de complicité, l’audience a mis en lumière la fragilité de la ligne de défense de l’officier, désormais placé en détention provisoire.

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La salle d’audience de la CRIET s'est transformée, ce lundi 22 juin, en théâtre de révélations sur les coulisses de la tentative de déstabilisation des institutions béninoises survenue en fin d'année dernière. Au centre des débats, le cas d’un lieutenant-colonel, cadre des Forces armées, poursuivi pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État ». Il lui est reproché d'avoir fait parvenir, le jour même des faits, un message de soutien explicite « Félicitations Monsieur le Président » à l'attention de Pascal Tigri, figure centrale de ce projet insurrectionnel. Face aux juges, le militaire a fermement nié toute intention séditieuse. Tout en admettant la matérialité de l'envoi, il a plaidé une erreur d'interprétation contextuelle : convaincu, au moment de la rédaction, que le basculement du pouvoir était effectif, il assure avoir agi sous l'emprise d'une fausse information. Il a d’ailleurs souligné avoir tenté, en vain, de joindre sa hiérarchie pour obtenir confirmation de la situation sécuritaire avant de se résoudre à envoyer ce SMS.La défense a mis en avant la transparence de son client, rappelant que l’officier avait lui-même rapporté cet échange compromettant à ses supérieurs hiérarchiques dès que possible. Un argumentaire qui n'a pas convaincu la Cour : le mandat de dépôt a été maintenu. Ce procès soulève une interrogation complexe pour le droit pénal béninois : jusqu’où une imprudence communicationnelle dans un climat de chaos peut-elle être assimilée à une adhésion idéologique ? Alors que la justice se montre inflexible sur tout ce qui touche à la sûreté nationale, le sort de l'officier semble désormais lié à l'analyse approfondie de sa sincérité. Le dossier a été renvoyé au 6 juillet prochain pour la suite des débats.

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