Invité d'honneur du Forum national du Conseil économique et social (FoNaCES) ce 25 février 2026, l’ancien Premier ministre a délaissé la critique politique frontale pour une analyse technique chirurgicale. Face à la vie chère, l’opposant propose une équation audacieuse : enrichir le paysan pour nourrir le citoyen.Par la Rédaction | Cotonou, le 26 février 2026Dans l'arène du FoNaCES, Lionel Zinsou n'est pas venu en tant qu'adversaire de Patrice Talon, mais en tant qu'économiste pragmatique. Son constat de départ est sans concession : les indicateurs macroéconomiques flatteurs ne servent à rien si l'assiette du Béninois reste vide. Pourtant, pour l'ancien allié de Boni Yayi, la solution ne réside pas dans une lutte stérile contre l'inflation importée, mais dans une transformation radicale de notre appareil productif.Sortir du dialogue de sourds entre villes et campagnesL'originalité de la thèse de Zinsou réside dans sa volonté de réconcilier deux mondes qui s'ignorent. D'un côté, les consommateurs urbains qui s'asphyxient sous la hausse des prix ; de l'autre, une masse rurale (50% de la population active) qui survit plus qu'elle ne vit.Pour l'ex-candidat à la présidentielle, vouloir faire baisser les prix en sacrifiant le revenu des agriculteurs est une erreur stratégique. « Il faut entendre la voix des producteurs », insiste-t-il. Le défi est donc de créer un système où le prix à l'étalage diminue pendant que le bénéfice net du paysan augmente.Le gisement de la productivité : l'exemple du maniocLa thérapie proposée par Lionel Zinsou repose sur un levier unique : la performance technique. Il pointe du doigt les marges de progression colossales du secteur agricole béninois, souvent freiné par des méthodes archaïques.Le constat actuel : Une récolte de manioc plafonne à 8 tonnes par hectare sur un cycle long de 18 mois.La cible Zinsou : En introduisant l'irrigation et une gestion optimisée de l'eau, le rendement pourrait bondir à 35 tonnes en seulement 12 mois.« C’est un réservoir de richesse inexploité », affirme-t-il. En quadruplant la production sur une durée plus courte, le prix du gari chuterait mécaniquement pour la ménagère, tandis que l'agriculteur, vendant des volumes bien plus importants, verrait son niveau de vie exploser.Les piliers d'une économie pérennePour que cette vision devienne réalité, l'économiste trace une feuille de route claire pour les autorités : une réforme du financement rural et une refonte du système éducatif. Selon lui, le savoir-faire technique et l'accès au capital sont les seules clés capables de verrouiller durablement le pouvoir d'achat face aux crises mondiales.En somme, Lionel Zinsou propose de passer d'une économie de subsistance à une économie de performance, plaçant la dignité du producteur au cœur de la sécurité alimentaire nationale.
Pouvoir d’achat au Bénin : Le plaidoyer de Lionel Zinsou pour une « révolution de la terre »


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