La saison des pluies 2026 révèle avec brutalité la vulnérabilité du Grand Nokoué, transformant le trajet quotidien entre Cotonou et Abomey-Calavi en un véritable parcours du combattant. Alors que de nombreux quartiers restent submergés, les axes routiers deviennent des pièges pour les usagers qui, par nécessité, tentent de braver les crues. Ce phénomène, qui entraîne quotidiennement la perte d'engins et de véhicules, met en lumière une fracture préoccupante : celle entre l'ambition d'une modernisation urbaine rapide et la réalité d'un territoire qui peine encore à évacuer ses eaux.Si les efforts du gouvernement à travers le Programme d’Assainissement Pluvial de Cotonou (PAPC) témoignent d'une volonté réelle de transformation, l'actualité démontre que les infrastructures en cours de réalisation ne suffisent pas encore à endiguer l'aléa climatique. La modernisation ne peut se résumer au seul bitumage des routes ; elle doit impérativement s'accompagner d'une résilience structurelle. Aujourd'hui, l'eau ne se contente pas d'entraver la circulation, elle interroge la durabilité même des investissements consentis, soulignant l'urgence d'un aménagement qui intègre systématiquement la gestion des risques hydrologiques.Pour dépasser cette crise cyclique, des mesures idoines et immédiates s'imposent au-delà des interventions de pompage classiques. Il est crucial d'accélérer la finalisation des ouvrages de drainage sur les points critiques, tout en renforçant la signalisation et le contrôle des axes inondables pour protéger la vie et les biens des citoyens. Parallèlement, une planification urbaine plus rigoureuse, tenant compte des zones d'écoulement naturel, est nécessaire pour que la modernité béninoise ne se construise pas sur des fondations précaires, mais qu'elle devienne enfin un rempart durable contre les caprices de la nature.
Le Bénin face aux eaux : Quand la modernité se heurte au climat


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