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L’Afrique face au mirage du pouvoir éternel : Le cas alarmant du Zimbabwe

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L’Afrique face au mirage du pouvoir éternel : Le cas alarmant du Zimbabwe

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En Afrique, le pouvoir politique semble parfois se transformer en un destin biologique, une étreinte dont certains dirigeants peinent à se défaire au mépris de l'alternance démocratique. Le Zimbabwe offre une illustration frappante de cette dérive avec l'approbation récente, par le Sénat, d'une réforme constitutionnelle majeure qui prolonge de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa. Cette modification législative, entamée en février dernier, permet non seulement au chef de l'État de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2030, mais elle bouleverse également en profondeur le mode de scrutin présidentiel et législatif, redessinant ainsi les règles du jeu électoral au profit exclusif de l'exécutif en place.Ce phénomène de « présidence à vie », camouflé derrière des manœuvres constitutionnelles, fragilise dangereusement les fondations institutionnelles des nations africaines. En s'affranchissant des limites de mandats, ces dirigeants provoquent une érosion profonde de la confiance citoyenne, confisquent les opportunités de renouvellement politique pour les nouvelles générations et ferment les soupapes de sécurité démocratiques, ce qui nourrit une instabilité chronique. Ce qui est présenté comme un acte de souveraineté législative n'est souvent qu'une stratégie de verrouillage visant à pérenniser un système, transformant ainsi les constitutions en simples outils de circonstance au service de la longévité au pouvoir.Face à ce fléau qui gagne du terrain, la question du salut de l'Afrique devient une interrogation urgente et lancinante. Si la société civile tente de se dresser comme un dernier rempart, elle se retrouve souvent muselée par des appareils sécuritaires répressifs, tandis que les institutions régionales peinent à imposer des sanctions réelles, freinées par leurs propres limites diplomatiques. C'est sans doute au sein d'une jeunesse africaine, consciente qu'elle est la première victime de cette confiscation du futur, que réside l'espoir d'une rupture capable d'imposer, par-delà les discours, une véritable exigence de gouvernance transparente et limitée dans le temps pour libérer le continent de cette paralysie politique.

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