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Patrice Talon travaille, Romuald Wadagni se divertit

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( Ombre au tableau béninois : Patrice Talon, le Sénat et l’ombre portée sur le quinquennat de Romuald Wadagni)

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Depuis Paris, où il s'est exprimé ce samedi 29 août 2026 en tant que facilitateur de la réunification de l'Église du Christianisme Céleste (ECC), l'ancien président et actuel président du Sénat, Patrice Talon, a fait une sortie médiatique retentissante en annonçant l'adoption prochaine d'une loi spécifique pour régir les confessions religieuses au Bénin. Cette prise de parole intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par une crise institutionnelle et successorale profonde qui secoue depuis des années l'ECC, déchirée par des guerres de leadership, des schismes et des batailles juridiques autour de la légitimité des différents dignitaires. En s'érigeant publiquement en garant de l'ordre public et en architecte de cette régulation religieuse depuis l'étranger, Patrice Talon semble vouloir faire directement ombrage à l'actuel chef de l'État, Romuald Wadagni, qui avait pourtant reçu une délégation de la même église au lendemain de son investiture. Cette initiative unilatérale accrédite l'idée que l'ancien chef de l'État se croit encore mieux outillé et expérimenté pour piloter ce dossier hautement inflammable, piétinant par la même occasion les plates-bandes de l'exécutif en place.En évoquant avec autant d'assurance une loi qui sera votée « bientôt » pour encadrer la vie des religions, Patrice Talon supplante manifestement les pouvoirs exécutif et législatif, allant jusqu'à décider péremptoirement du calendrier et du délai pour le vote de ce texte. Cette posture interventionniste démontre clairement que l'ancien homme fort de Cotonou n'est pas dans la dynamique de laisser les coudées franches à son successeur pour porter les grands chantiers de la nation et imprimer sa marque au sommet de l'État. En proclamant détenir la facilité de négocier directement avec des chefs d'État étrangers pour harmoniser cette gestion religieuse sous-régionale alors qu'il n'exerce plus les fonctions suprêmes, il agit en véritable président de substitution et trahit une persistance troublante à vouloir régenter les affaires extérieures du Bénin.Face à cette omniprésence écrasante et à cette tutelle informelle exercée depuis les dorures du Sénat ou les tribunes parisiennes, la réponse de Romuald Wadagni laisse perplexe et nourrit l'inquiétude des observateurs de la vie politique béninoise. Plutôt que de monter au créneau pour affirmer sa pleine souveraineté institutionnelle, l'actuel chef de l'État semble s'enliser dans une communication axée sur le divertissement et le populisme, s'adonnant au sport dans les rues, achetant des arachides au coin des avenues et cultivant une image de prince moderne et proche du peuple. Cette légèreté apparente contraste cruellement avec la réalité du terrain politique où son prédécesseur fourbit ses armes, tisse sa toile et maintient un contrôle serré sur les leviers stratégiques de la gestion publique, reléguant le président élu au second plan de l'actualité institutionnelle.Cette partition jouée en solo par Patrice Talon met en lumière une cohabitation institutionnelle pour le moins inconfortable et appelle à un sursaut salvateur de la part de l'actuel locataire de la Marina. L'espoir réside désormais dans un réveil politique de Romuald Wadagni afin qu'il sorte de sa torpeur, s'affranchisse définitivement de l'tutelle encombrante de son mentor et réaffirme avec force et rigueur son autorité exclusive de chef d'État légitimement élu par le peuple béninois. S'il ne rectifie pas rapidement le tir pour reprendre le contrôle total des grands dossiers de la République, le nouveau président risque d'assister, impuissant, à la confiscation rampante de son propre pouvoir par un prédécesseur qui refuse résolument de raccrocher le costume présidentiel.

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