La région de San, au centre du Mali, a été le théâtre d’un drame ce dimanche. Alors que les habitants du village de Téné s’apprêtaient à célébrer une cérémonie nuptiale collective, une attaque de drones attribuée aux forces armées maliennes a provoqué la mort d’au moins dix personnes, selon des témoignages recueillis auprès de riverains, d’élus locaux et de sources sécuritaires.
Ce qui devait être un moment de réjouissance communautaire s’est transformé en tragédie. Des cortèges de motos, perçus comme une cible par les appareils, auraient été visés peu avant le début des festivités. Les victimes, toutes civiles, participaient aux préparatifs d’un événement culturel majeur pour la localité.
Cet incident survient dans un contexte de forte instabilité. Depuis fin avril, le pays est secoué par des offensives coordonnées de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et de factions séparatistes touarègues. Ces attaques ont frappé des positions stratégiques, coûté la vie au ministre de la Défense et entraîné la perte de plusieurs villes du nord, dont Kidal, désormais sous contrôle rebelle.
La junte militaire, déjà fragilisée par la recrudescence des violences, voit sa légitimité encore davantage contestée. La multiplication des frappes controversées et des pertes civiles accentue la pression sur Bamako, incapable jusqu’ici de contenir l’avancée des groupes armés.Depuis plus d’une décennie, le Mali est enlisé dans une spirale de violences mêlant insurrections islamistes, séparatismes et criminalité organisée. L’épisode de Téné illustre une nouvelle fois la gravité de la crise sécuritaire et les lourdes conséquences pour les populations civiles, premières victimes de ce conflit sans issue apparente.





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