L'affaire Kémi Séba met en lumière une redoutable épreuve de force diplomatique entre Cotonou et Niamey, exacerbée par un contexte de profonde méfiance bilatérale. Alors que le maintien de la fermeture des frontières communes et les accusations de déstabilisation portées par le Niger contre le Bénin empoisonnent les relations entre les deux voisins ouest-africains, l'activiste tente de tirer profit de ces divisions régionales. En brandissant son passeport diplomatique nigérien devant la justice de Pretoria pour contrer la procédure d'extradition, il cherche à transformer un dossier pénal en un différend géopolitique majeur.Pour l'État béninois, l'obtention du transfèrement de l'activiste par le biais d'un accord direct avec le Niger relève de l'illusion diplomatique. Les autorités nigériennes, qui voient en Kémi Séba un allié stratégique face à Cotonou, n'ont aucun intérêt politique à faciliter sa remise à la justice de son pays d'origine, surtout dans un climat où le gouvernement béninois a dû vigoureusement rejeter des accusations de complicité dans de récentes attaques contre la présidence de Niamey.Par conséquent, Cotonou ne peut espérer un dénouement favorable qu'en s'en remettant exclusivement aux canaux de la coopération judiciaire internationale avec l'Afrique du Sud. L'issue de cette bataille juridique, désormais reportée au 20 novembre prochain, dépendra uniquement de la rigueur du dossier instruit par les autorités béninoises et de l'appréciation souveraine des juridictions sud-africaines, bien loin des tractations bilatérales avec un Niger résolu à protéger son statut diplomatique.
Affaire Kemi Seba : Un imbroglio géopolitique sous haute tension sud-africaine


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