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La Journée internationale des femmes, née des luttes ouvrières du début du XXe siècle pour le suffrage et de meilleures conditions de travail, semble avoir perdu de sa substance revendicative pour se muer en une kermesse annuelle. Au Bénin, alors que cette date devrait servir de tribune pour exiger une parité réelle, le spectacle offre plutôt des rues inondées de tissus uniformes et de foulards grandioses. Cette célébration festive occulte une réalité amère : le droit des femmes à la gouvernance reste un mirage, et l'égalité tant prônée demeure un leurre au sein d'une architecture sociale qui peine à s'affranchir de ses vieux démons patriarcaux.Le tableau de la gestion locale dépeint une exclusion systémique flagrante au mépris des discours officiels sur l'autonomisation. Sur les 77 communes du pays, seules quatre sont dirigées par des femmes, tandis que certains conseils communaux affichent une absence totale de présence féminine, excluant de fait la moitié de la population de la prise de décision communautaire. Les partis politiques, véritables verrous du pouvoir, rechignent à accorder leur confiance aux femmes pour les postes de premier plan, les cantonnant trop souvent à des rôles de mobilisatrices de foules ou de faire-valoir électoraux sans véritable autorité administrative.En définitive, cette persistance de la marginalisation politique interroge la responsabilité des femmes elles-mêmes face à l'instrumentalisation de leur propre journée. En privilégiant les chants et les danses au détriment d'une réflexion stratégique et d'une exigence de reddition de comptes, elles participent involontairement à leur propre dévaluation sur l'échiquier national. Tant que le "pagne de la fête" l'emportera sur l'agenda de la lutte, le changement restera une utopie ; il est impératif que les femmes cessent de se vendre à bas prix pour enfin imposer leur légitimité dans les instances où se dessine l'avenir de la nation.

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