Selon les communicateurs de l’événement, plus de cinquante mille spectateurs se sont massés autour du festival WeLove Eya
, avec en prime la présence remarquée du couple présidentiel. Mais derrière les chiffres et les paillettes, une réalité dérangeante s’impose : dans un pays où des familles peinent à se nourrir, le plus petit ticket d’entrée était fixé à 10.000 FCFA.Le paradoxe est criant. Alors que la jeunesse est gangrenée par le fléau de la cybercriminalité, la solution proposée par les organisateurs se résume à un festival réunissant des artistes de renommée internationale. Les jeunes, souvent sans emploi stable, se plient en quatre pour s’offrir ce précieux ticket, sacrifiant parfois leurs maigres ressources pour quelques heures de spectacle.
On ne voit jamais une telle affluence autour des grands projets de développement, ni un tel engouement pour les initiatives qui pourraient réellement sortir la jeunesse de la précarité. Les dirigeants, en soutenant de tels événements, donnent le mauvais exemple : ils privilégient le divertissement au détriment des actions structurantes, celles qui devraient détourner les jeunes des vices et leur offrir des perspectives durables.
Le festival WeLove Eya devient ainsi le symbole d’une politique de façade, où l’on préfère les lumières des scènes aux chantiers de fond. Une célébration qui, au lieu d’incarner l’espoir, révèle l’abîme entre les priorités affichées et les réalités vécues par une jeunesse en quête de repères.





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