Après Steve Amoussou, Lomé expulse Damiba vers Ouagadougou
Le Togo confirme son rôle singulier dans la sous-région : celui d’un État qui remet systématiquement aux autorités de leurs pays d’origine les personnalités en délicatesse avec la justice. L’affaire du lieutenant-colonel burkinabé Paul-Henri Sandaogo Damiba, extradé le 17 janvier 2026, en est la dernière illustration. Mais avant lui, c’est le Béninois
Steve Amoussou qui avait été arrêté et livré par Lomé, marquant déjà cette posture de « justicier » régional.Steve Amoussou, un précédent révélateur
Recherché par la justice béninoise, Steve Amoussou avait été interpellé au Togo puis remis aux autorités de son pays. Cette arrestation, survenue avant celle de Damiba, avait déjà suscité des débats sur la coopération judiciaire et sur la neutralité du Togo dans la gestion des dossiers sensibles.
Damiba, l’exilé devenu indésirable
Renversé en octobre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, Damiba avait trouvé refuge à Lomé. Mais ses présumées velléités de déstabilisation de la junte burkinabé ont conduit la Cour d’appel de Lomé à accéder à la demande d’extradition formulée par Ouagadougou. Escorté depuis sa villa du quartier « Lomé 2 », il a été conduit à l’aéroport le 17 janvier, sans communication officielle sur sa destination finale.
Une dynamique régionale : du Togo à la Côte d’Ivoire
Ce rôle du Togo rappelle celui de la Côte d’Ivoire, qui avait extradé le journaliste béninois Hugues Sossoukpe. Ces épisodes traduisent une tendance : certains États ouest-africains se posent en relais de la justice de leurs voisins, au nom de la stabilité régionale.
Coopération ou atteinte au droit d’asile ?
Si ces extraditions renforcent la coopération sécuritaire, elles soulèvent aussi des interrogations sur le respect du droit d’asile et sur les garanties offertes aux personnes concernées. Le Togo, en particulier, apparaît désormais comme un acteur central, mais controversé, dans la gestion des dossiers judiciaires transfrontaliers.





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