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Niger-Bénin : La diplomatie des accusations au péril de la sécurité régionale

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L’odeur de la poudre n’a pas encore quitté les pistes de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey que, déjà, les salves verbales prennent le relais. Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, la capitale nigérienne a tremblé. Si l’armée a annoncé avoir neutralisé plusieurs assaillants, l’onde de choc, elle, a traversé la frontière pour frapper de plein fouet les relations déjà moribondes entre le Niger et le Bénin.
Le spectre du « complot extérieur »

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À peine les débris déblayés, le général Abdourahamane Tiani a repris son habit de tribun de la souveraineté. Sans attendre les conclusions d’une enquête balistique ou technique, le chef de la transition a pointé un doigt accusateur vers Porto-Novo. Pour la junte, ce n'est pas une faille de son propre dispositif qui est en cause, mais une main invisible dirigée par Patrice Talon.
Cette rhétorique du « complot permanent » rappelle étrangement les tensions de décembre 2025, lorsque le Bénin, à son tour, accusait ses voisins après des incursions armées sur son sol. Ce jeu de miroir dangereux transforme chaque drame sécuritaire en un argument politique, plongeant les deux nations dans une spirale de méfiance que rien ne semble pouvoir arrêter.
L’uranium, le nerf de la guerre
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Pourtant, derrière les accusations contre le voisin béninois, se cachent des enjeux bien plus matériels. L’attaque de l’aéroport n’est pas anodine : elle s’est produite à proximité immédiate des stocks d’uranium convoités par le pouvoir nigérien, en plein divorce avec le géant français Orano.
En accusant des « valets locaux » de l’Occident, la junte fait d’une pierre deux coups : elle justifie sa mainmise sur les ressources naturelles et tente d'étouffer les critiques d'une population nigérienne de plus en plus inquiète pour sa propre sécurité. Car, sur le terrain, les experts sont formels : le mode opératoire rappelle les assauts djihadistes observés au Mali ou au Burkina Faso. L'ennemi serait donc à l'intérieur des terres sahéliennes, et non tapi dans les bureaux de Cotonou.
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À qui profite ce chaos ?
Dans cette atmosphère électrique, la question fondamentale demeure : à qui profite ce climat de belligérance ?
D’un côté, les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES) consolident leur assise populaire en agitant le drapeau du nationalisme face à un ennemi imaginaire. De l’autre, le gouvernement béninois se retrouve contraint de durcir sa posture pour ne pas paraître vulnérable, quitte à sacrifier des échanges commerciaux vitaux.
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Mais le véritable vainqueur de cette « guéguerre » ne porte ni uniforme, ni costume de président. Ce sont les groupes terroristes. En brisant la coopération militaire et le partage de renseignements entre Niamey et Cotonou, ces mouvements profitent d'un corridor de non-droit où les armées nationales, au lieu de s'allier, s'observent avec suspicion par-dessus leurs frontières fermées.
En s'obstinant dans la voie de l'accusation sans preuve, le général Tiani prend le risque du discrédit international, laissant une capitale comme Niamey exposée à de nouveaux assauts, tandis que l’unité ouest-africaine vole en éclats.

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