Ce qui devait être une transition vers la démocratie s’est transformé en verrouillage autoritaire du paysage politique guinéen. Le général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2021, avait promis de ne pas se présenter à la présidentielle. Pourtant, quatre ans plus tard, il déposé sa candidature, adossée à une nouvelle Constitution taillée sur mesure.
Le référendum du 21 septembre 2025, validé à 89 % selon les chiffres officiels, a consacré une Constitution qui efface les garde-fous de la charte de transition. Celle-ci interdisait explicitement au chef de la junte de briguer la magistrature suprême. Mais ces dispositions ont disparu, ouvrant la voie à une candidature de Doumbouya.Simultanément, les figures majeures de l’opposition ont été écartées
: Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, qui représentent ensemble près de 95 % de l’électorat selon les estimations, ont été disqualifiés par des procédures judiciaires ou administratives controversées. Cette exclusion massive a suscité l’indignation de nombreux observateurs, dont l’écrivain Tierno Monenembo, qui dénonce « quatre coups d’État en un » : le putsch militaire, l’exil des opposants, la disparition des activistes, et la confiscation du processus électoral.Le climat politique est tendu, à l’approche de la présidentielle prévue le 28 décembre 2025. Mamadi Doumbouya a déposé son dossier de candidature à la Cour suprême, malgré ses engagements antérieurs. Pour beaucoup, cette volte-face marque une rupture définitive avec l’esprit de la transition.
La société civile et les partenaires internationaux s’interrogent : la Guinée est-elle en train de refermer la parenthèse démocratique ouverte après la chute d’Alpha Condé ? Ou assiste-t-on à l’instauration d’un pouvoir personnel, consolidé par des manœuvres constitutionnelles et politiques ?





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