Alors qu’ils avaient conquis le pouvoir d'une même voix sous la bannière de l'alternance et de la rupture, le Sénégal a rapidement assisté à l'implosion du tandem unissant le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien mentor Ousmane Sonko. Marquée par une lutte d'ego, des divergences profondes sur l'exercice de l'autorité et une rupture consommée au sommet de l'État, cette guéguerre fratricide a fracturé la base originelle du Pastef. Cherchant à s'émanciper de l'ombrage de son puissant mentor et à se tisser un réseau personnel, Diomaye Faye s'est lancé dans des calculs diplomatiques hasardeux, espérant se construire une stature internationale en volant de déconvenue en déconvenue.En voulant s'acoquiner avec Emmanuel Macron, un chef d'État français au ban de son propre peuple et englué dans des contestations sanglantes contre sa gestion calamiteuse, le chef de l'État sénégalais a fait le pire des paris géopolitiques. Cette alliance contre-nature s’est fracassée sur la réalité d'un leadership vacillant, tout comme l'a illustré la chute politique d'Umaro Sissoco Embaló, balayé par la junte dans sa tentative de reconquête en Guinée-Bissau. Pour couronner le tout, ce cercle de naufragés politiques s'est enlisé avec la débâcle de Macky Sall, dont le lourd passif marqué par la répression sanglante des manifestations et une fronde sociale mémorable au Sénégal a achevé de torpiller la candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies. S'entourant ainsi de dirigeants finissants et rejetés par leurs peuples, Diomaye Faye montre à l'africain vigilant qu'il n'a pas encore saisi la boussole de la véritable diplomatie souverainiste.À force de parier sur des marionnettes usées et des personnalités en perte de vitesse, le locataire du palais de Roume démontre qu'il patauge encore dans l'abcès de la realpolitik opportuniste. Prétendre rayonner à l'international en s'alliant aux fossoyeurs des aspirations populaires et aux symboles d'un néocolonialisme vomi ne mène qu'à l'isolement et à la honte collective. L'Afrique d'aujourd'hui ne cautionnera plus jamais ces alliances de façade ourdies par des dirigeants en mal de légitimité. En essuyant ce premier revers magistral dans sa quête d'une reconnaissance extérieure biaisée, Diomaye Faye apprend à ses dépens qu'on ne bâtit point une stature d'homme d'État sur les sables mouvants de l'opportunisme et du reniement.Quel autre dirigeant en mal de repères sera le prochain à s'isoler de son peuple pour courir après des chimères occidentales ?
Désillusion politique : Quand Diomaye Faye fait l’amer apprentissage des alliances corrompues



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