La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a jugé ce mardi 3 février 2026 six personnes impliquées dans l’affaire du putsch manqué du 7 décembre dernier. Parmi elles, un agent de police et un journaliste, accusés d’avoir tenu des propos ou publié des textes interprétés comme un soutien aux insurgés.
Un journaliste face à ses écrits
Le professionnel des médias, basé à Porto-Novo, a reconnu avoir rédigé deux articles le jour de la tentative de coup d’État : l’un relatant la déclaration des militaires diffusée à la télévision nationale, l’autre rapportant la réaction du ministre de l’Intérieur. Il affirme avoir agi dans un souci d’information, tout en évoquant des menaces reçues quelques jours avant les événements. Le parquet estime cependant que ses publications relèvent de l’apologie de crime contre la sûreté de l’État et requiert cinq ans de prison ferme assortis d’une amende.Un policier incriminé pour un message sur WhatsApp
L’officier de police, quant à lui, est poursuivi pour un commentaire posté dans un groupe WhatsApp de jeunes de Tanguiéta. Ses propos, selon l’accusation, traduiraient une sympathie envers les putschistes. À la barre, il a expliqué qu’il voulait au contraire mettre fin aux débats en ligne. Le ministère public n’a pas été convaincu et a requis la même peine : cinq ans de prison ferme et un million de francs CFA d’amende.
Une justice qui interroge
Ces réquisitions soulèvent un débat de fond : la justice béninoise protège-t-elle l’État de droit ou restreint-elle la liberté d’expression en sanctionnant des écrits journalistiques et des messages privés sur les réseaux sociaux ? La Criet, en se montrant inflexible, incarne la volonté de fermeté face aux menaces contre la République, mais nourrit aussi des inquiétudes sur la place accordée au droit d’informer et au débat citoyen.





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