Saïf al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi, a été retrouvé mort ce mardi 3 février 2026 à son domicile de Zintan, dans l’ouest de la Libye. Selon ses avocats, il s’agit d’un assassinat perpétré par un commando armé. L’homme de 53 ans, longtemps considéré comme l’héritier politique de son père, était recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.
Une figure controversée
Perçu un temps comme un réformateur, Saïf al-Islam avait tenté de se présenter comme un acteur de modernisation avant de ternir son image en menaçant de répression sanglante au début de la révolte de 2011. Arrêté puis condamné à mort en 2015, il avait bénéficié d’une amnistie. En 2021, il avait déposé sa candidature à la présidentielle, avortée, nourrissant l’idée d’un possible retour politique.Les circonstances troubles
Les premiers éléments rapportent que des assaillants ont neutralisé les caméras de surveillance avant de l’exécuter dans sa résidence. Son avocat dénonce un « crime odieux » et annonce qu’une enquête est ouverte, avec la présence de juges à Zintan. La dépouille ne sera pas enterrée avant la fin des investigations.
À qui profite sa disparition ?
La mort de Saïf al-Islam soulève une question centrale : qui tire avantage de l’élimination de cette figure politique ?
- Les rivaux politiques internes : Saïf al-Islam représentait, malgré ses zones d’ombre, une alternative pour une partie de la population nostalgique du régime Kadhafi. Sa disparition pourrait consolider les positions des factions rivales.
- Les acteurs internationaux : Recherché par la CPI, son retour sur la scène politique aurait compliqué les relations diplomatiques du pays. Son absence pourrait faciliter certains équilibres géopolitiques.
- Les groupes armés : Dans un contexte de fragmentation du pouvoir, l’élimination d’un potentiel rassembleur peut profiter aux milices locales qui craignent une centralisation du pouvoir.
Un vide politique
Au-delà des spéculations, la disparition de Saïf al-Islam laisse un vide dans le paysage libyen. Celui qui se présentait comme un possible médiateur entre héritage autoritaire et aspirations démocratiques ne pourra plus jouer ce rôle. Reste à savoir si cette mort ouvre la voie à une stabilisation ou, au contraire, à une nouvelle phase d’incertitude.





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