La junte militaire au pouvoir au Niger a exprimé une vive protestation face à ce qu'elle qualifie d'immixtion intolérable de la part du Parlement européen. Cette réaction épidermique fait suite à l'adoption d'un texte par les eurodéputés exigeant l'élargissement immédiat de l'ancien président Mohamed Bazoum, détenu depuis le coup d'État de l'été 2023. En convoquant la représentante diplomatique de l'Union européenne, les autorités de transition ont tenu à dénoncer une attitude paternaliste, réaffirmant leur refus catégorique de se plier à des injonctions extérieures qui bafouent, selon elles, la dignité nationale et l'indépendance de la justice nigérienne.Ce bras de fer diplomatique souligne une rupture profonde entre les nouvelles instances dirigeantes et leurs anciens partenaires occidentaux, alors que Bruxelles s'alarme des conditions de captivité du couple présidentiel. Pour les législateurs européens, le maintien en détention de celui qu'ils considèrent comme un allié stratégique majeur au Sahel constitue une dérive inacceptable, surtout à l'approche du terme théorique de son mandat constitutionnel. Pourtant, cette pression internationale semble produire l'effet inverse à Niamey, où le régime du Général Tiani durcit sa posture, transformant cette exigence de libération en un symbole de lutte contre l'influence étrangère dans les affaires intérieures du pays.
Libération de Mohamed Bazoum : Niamey s’insurge contre les diktats de l’UE




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