Le gouvernement ghanéen a décidé de mettre en veille le processus d’attribution de la nationalité aux descendants d’Africains déportés par la traite transatlantique. Cette décision, annoncée sans calendrier précis de reprise, marque un tournant dans une politique qui, depuis 2016, avait permis à plus d’un millier de personnes issues de la diaspora d’obtenir le passeport ghanéen.
Une initiative emblématique interrompue
Lancée pour renforcer les liens historiques et culturels avec les afro-descendants, la politique de citoyenneté par descendance avait connu un essor particulier avec l’« Année du Retour » en 2019 et le programme « Beyond the Return » prévu jusqu’en 2030. Des figures connues de la musique, de l’art et du divertissement avaient bénéficié de cette démarche, contribuant à donner au Ghana une image de terre d’accueil symbolique pour la diaspora africaine.Les raisons officielles
Les autorités invoquent la nécessité de rendre la procédure plus transparente et accessible. Les critiques portaient notamment sur les coûts élevés — plus de 2 000 dollars pour les candidats présélectionnés — et sur des délais jugés irréalistes, comme l’exigence d’une preuve ADN en une semaine.
Les interrogations soulevées
- Quel impact sur l’image du Ghana ? Le pays s’était positionné comme un carrefour du panafricanisme et une « maison » pour la diaspora. Cette suspension risque-t-elle d’affaiblir ce rôle symbolique ?
- Quelles conséquences économiques ? De nombreux afro-descendants investissent dans l’immobilier, l’agriculture ou les petites entreprises. La citoyenneté leur donnait accès à la propriété foncière et aux services publics. Une pause prolongée pourrait refroidir ces dynamiques.
- Quel avenir pour le projet panafricain ? La diaspora est souvent présentée comme la « 17e région » du Ghana. Cette suspension remet-elle en cause cette vision ou s’agit-il d’un simple ajustement technique ?
Une attente de clarté
Sans préciser la durée de cette pause, le gouvernement promet une reprise rapide avec de nouvelles directives. Mais en attendant, la diaspora s’interroge : s’agit-il d’une réforme pour renforcer la crédibilité du dispositif, ou d’un recul dans l’ambition de faire du Ghana un point d’ancrage pour les afro-descendants ?





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